L'hypertension artérielle correspond à une élévation anormale de la pression exercée par le sang sur les parois des artères. La pression artérielle normale se situe autour de 120/80 mmHg, tandis que l'hypertension est diagnostiquée lorsque les valeurs dépassent 140/90 mmHg de façon répétée. On distingue l'hypertension primaire (90% des cas), sans cause identifiable, et l'hypertension secondaire, liée à une pathologie sous-jacente.
Plusieurs éléments favorisent le développement de l'hypertension artérielle :
L'hypertension est souvent silencieuse, d'où son surnom de "tueur silencieux". Les signes d'alerte peuvent inclure maux de tête, vertiges ou palpitations. Sans traitement, elle peut entraîner des complications graves : infarctus, AVC, insuffisance cardiaque ou rénale. Le dépistage régulier reste essentiel.
Les IEC bloquent la transformation de l'angiotensine I en angiotensine II, provoquant une vasodilatation et diminuant la pression artérielle. Les principales molécules disponibles en France incluent l'énalapril, le lisinopril et le périndopril. Ces médicaments sont généralement prescrits à dose progressive, débutant par de faibles dosages pour évaluer la tolérance du patient.
Les ARA II, incluant le losartan, le valsartan et le telmisartan, bloquent directement les récepteurs de l'angiotensine II. Ils présentent l'avantage de provoquer moins de toux sèche que les IEC tout en offrant une efficacité similaire. Leur profil de tolérance est excellent, avec moins d'effets indésirables, ce qui en fait souvent un traitement de première intention chez de nombreux patients hypertendus.
Les diurétiques thiazidiques constituent souvent le traitement de première intention dans l'hypertension artérielle légère à modérée. L'hydrochlorothiazide (HCTZ) et l'indapamide sont les molécules les plus prescrites en France. L'indapamide présente l'avantage d'une action prolongée permettant une prise unique quotidienne et d'effets métaboliques moindres comparé aux thiazidiques classiques.
Ces médicaments agissent en bloquant la réabsorption du sodium et du chlore au niveau du tube contourné distal du néphron. Cette action entraîne une augmentation de l'élimination urinaire de sodium, réduisant ainsi le volume plasmatique et par conséquent la pression artérielle. L'effet antihypertenseur maximal est généralement obtenu après 2 à 4 semaines de traitement.
Un suivi régulier des paramètres biologiques est indispensable. Il convient de surveiller la kaliémie, la natrémie, la créatininémie et la glycémie. Une surveillance particulière de l'acide urique est également recommandée, ces médicaments pouvant favoriser la survenue de crises de goutte chez les patients prédisposés.
Les inhibiteurs calciques de la famille des dihydropyridines sont largement utilisés dans le traitement de l'hypertension artérielle. L'amlodipine, grâce à sa longue demi-vie, permet une prise unique quotidienne et assure un contrôle tensionnel stable sur 24 heures. La nifédipine à libération prolongée et la félodipine offrent des profils pharmacocinétiques similaires.
Ces molécules bloquent les canaux calciques voltage-dépendants de type L présents dans les cellules musculaires lisses vasculaires. Cette action empêche l'entrée du calcium intracellulaire, provoquant une relaxation du muscle lisse vasculaire et une vasodilatation artérielle directe, réduisant ainsi les résistances périphériques.
Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés incluent les œdèmes des membres inférieurs, les céphalées, les bouffées de chaleur et la fatigue. Ces effets sont généralement dose-dépendants et peuvent nécessiter un ajustement posologique ou un changement thérapeutique selon la tolérance du patient.
Les bêta-bloquants comme l'aténolol, le bisoprolol et le métoprolol exercent leur effet antihypertenseur en bloquant les récepteurs bêta-adrénergiques. Ils sont particulièrement indiqués chez les patients hypertendus présentant une cardiopathie ischémique, une insuffisance cardiaque ou des troubles du rythme. Leurs contre-indications principales incluent :
Les combinaisons thérapeutiques en un seul comprimé améliorent significativement l'observance thérapeutique. Les associations IEC/diurétique et ARA II/inhibiteur calcique sont les plus couramment prescrites. Ces formulations permettent d'optimiser le contrôle tensionnel tout en simplifiant la prise médicamenteuse quotidienne, facteur déterminant dans le succès du traitement antihypertenseur à long terme.
L'observance thérapeutique constitue un élément clé du succès du traitement antihypertenseur. La régularité des prises est essentielle pour maintenir un contrôle tensionnel optimal. En cas d'effets secondaires, il est important de ne pas arrêter brutalement le traitement mais de consulter votre médecin pour adapter la posologie ou changer de molécule. Si vous oubliez une prise, prenez votre médicament dès que possible, sauf si l'heure de la prise suivante approche.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent diminuer l'efficacité des antihypertenseurs et augmenter la tension artérielle. Évitez l'automédication et signalez systématiquement vos traitements antihypertenseurs à tout professionnel de santé. Certaines associations nécessitent une surveillance particulière de la fonction rénale et de la kaliémie.
Utilisez un tensiomètre électronique validé, avec un brassard adapté à votre tour de bras. Effectuez les mesures au repos, en position assise, après 5 minutes de repos. Tenez un carnet de suivi avec les valeurs mesurées pour faciliter le suivi médical.
La réduction de la consommation de sel est primordiale : limitez-vous à 6g par jour maximum. Privilégiez les aliments frais et évitez les plats préparés riches en sodium. Le régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension) recommande une alimentation riche en fruits, légumes, céréales complètes et pauvre en graisses saturées. Le maintien d'un poids optimal contribue significativement à la baisse tensionnelle.
Pratiquez une activité physique modérée et régulière : 30 minutes de marche rapide, 5 fois par semaine minimum. Les exercices d'endurance sont particulièrement bénéfiques. Évitez les efforts intenses sans échauffement et consultez votre médecin avant de débuter une activité sportive intensive.
Adoptez des techniques de relaxation comme la méditation ou la respiration profonde. Un sommeil de qualité (7-8h par nuit) est essentiel. L'arrêt du tabac améliore significativement le pronostic cardiovasculaire et potentialise l'effet des antihypertenseurs.
L'hypertension pendant la grossesse nécessite une surveillance spécialisée rapprochée. Certains antihypertenseurs sont contre-indiqués (IEC, ARA II). La méthyldopa et certains bêtabloquants restent des traitements de référence. La prééclampsie constitue une urgence obstétricale nécessitant une prise en charge immédiate.
Chez les personnes âgées, les objectifs tensionnels peuvent être adaptés selon la fragilité. La surveillance de l'hypotension orthostatique est cruciale, notamment lors de changements de position. La polymédication impose une vigilance particulière concernant les interactions médicamenteuses et les effets indésirables.
L'association diabète-hypertension impose des objectifs tensionnels plus stricts (généralement < 130/80 mmHg). Les IEC et ARA II sont privilégiés pour leur effet protecteur rénal. Une surveillance régulière de la fonction rénale et des paramètres glycémiques est indispensable.